Tirer les marrons du feu

Brouillon de culture
Trait d’Union n° 88

Kévin : « …et bien sûr comme toujours, il a tiré les marrons du feu ! »
Ce que tu veux dire sans doute Kévin, c’est qu’il a « tiré la couverture à soi », ce qui n’a pas le même sens que « tirer les marrons du feu ».
En réalité, celui qui tire les marrons du feu… se brûle ! Et c’est quelqu’un d’autre qui les ramassera une fois retirés du feu.
Ainsi cette expression veut dire qu’une personne a effectué le travail ingrat mais que c’est une autre personne qui en a profité.
S’il y a souvent aujourd’hui confusion sur le sens, c’est sans doute parce qu’elle s’est vue raccourcie avec l’usage. À l’origine, on employait la formule « tirer les marrons du feu avec la patte du chat », en référence directe à la fable de La Fontaine « Le Singe et le Chat ».
En résumé : Un jour que des marrons sont en train de cuire au-dessus d’un feu, Bertrand (le Singe) demande à Raton (le Chat), dont les pattes sont plus adroites, de « tirer ces marrons hors du feu », ce que le Chat s’empresse de faire.
Cependant, le Singe s’empare aussitôt des marrons et les déguste seul, laissant le Chat circonspect, et déçu de s’être donné du mal pour son compère sans en recevoir le moindre profit.

Plume

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