Faite faire

Parlons peu mais parlons bien…
Trait d’Union n° 88

Kévin : « …et pour finir, elle s’est faite gronder. »
C’est toi qui vas te faire gronder, Kévin !
En effet, quand il est suivi d’un infinitif, le participe passé du verbe faire « fait » est toujours invariable. On dit « la dinde qu’il a fait cuire » (et non « qu’il a faite cuire ») ou « elle s’est fait construire une maison » (et non « elle s’est faite construire une maison »). On dira de même « elle s’est fait mordre par son chien » (et non « elle s’est faite mordre »).
En revanche on dira « elle s’est faite belle », parce que ce n’est pas un infinitif qui se trouve après le verbe faire.
La question à se poser, par exemple pour la dinde : Il a fait quoi ? La dinde ? Non, il a fait cuire, donc pas de raison d’accorder avec dinde, c’est cuire qui est le complément d’objet direct.
La règle s’applique également au verbe laisser, mais la faute ne se voit que lorsque la phrase est écrite : « la glace qu’il a laissé fondre », et non « la glace qu’il a laissée fondre ».
Pour vous en souvenir, pensez à la chanson de Boby Lapointe, qui maniait si bien les mots :
La peinture à l’huile (extrait) :
…Rien n’est plus beau que la retraite aux flambeaux Sauf peut-être ma cousine Berthe Qui s’est FAIT faire une indéfrisable Elle est admirable, on en mangerait Un tout petit peu tout petit peu tout petit peu…
À bon entendeur…

Plume